45 ans. C’est l’âge du si controversé film de Stanley Kubrick : Orange mécanique (1971).

 

FICHE : 
° Réalisateur : Stanley Kubrick
° Acteurs principaux : Malcolm McDowell, Patrick Magee, Adrienne Corri, Miriam Karlin, Godfrey Quigley, Anthony Sharp, Warren Clarke …
Un film d’anticipation, voilà comment définir Orange mécanique (de l’anglais Clockwork orange). L’oeuvre, si elle peut aussi se voir comme une satire de la société de l’époque, reste tout de même très futuriste : les jeunes ont pris le pouvoir. Le film, très psychologique peut rebuter certains car une ambiance très lourde et pesante est présente durant tout le film. Outre l’aspect malsain du personnage principal, Alex, les situations le sont tout autant.
° Adaptation du livre : d’Anthony Burgess intitulé L’Orange mécanique (1962). Savoir + : il était, aussi, compositeur et a crée 2 symphonies, des sonates et des concertos. 
° Durée : 2h16

orange mecanique

SYNOPSIS :

L’intrigue se passe en Angleterre dans un avenir proche. (Quand on vous disait que c’était un film d’anticipation…) Alex Delarge (Malcolm McDowell), est passionné de musique classique et plus particulièrement de Ludwig van Beethoven (surtout la 9e symphonie). Il est aussi obsédé par le sexe et adepte de l‘ultra-violence (en somme un bon petit délinquant.) Et comme tout délinquant, il a sa bande. Bande qu’il nomme les Droogs ou Droogies (issu du russe друг qui signifie ami). Les autres membres, Pete (Michael Tarn), Georgie (James Marcus) et Dim (Warren Clarke) le suivent sans poser des questions. Ensemble, ils boivent du Moloko Plus (du lait avec un petit quelque chose en plus…) et commettent tout un tas de crimes. Cela va de l’affrontement d’un gang rival en passant par le passage à tabac d’un vieu ou le viol d’une femme. Charmant. Mais c’est là, aussi, qu’on retrouve toute la profondeur -si j’ose dire- du film.

La suite du synospsis raconte la fin du film. Si vous ne l’avez pas encore vu, aller directement à la critique ci-dessous !

matricule n°655321.
Pendant leur forfait, il n’est pas rare que les compères se servent au passage. Un butin qui selon les autres membres du crew, est réparti inégalement. Une rébellion qui n’est pas du goût d’Alex… Qui décide de jeter ses amis dans un canal et de vagabonder en solitaire. Un soir, alors qu’il a investi la maison d’un femme riche, il entend les policiers arriver. Il est, avec le concours de ses anciens compagnons de crimes, appréhendé et maltraité par les forces de l’ordre. La femme, chez qui il avait pris possession des lieux -en la frappant, au passage-, meurt. C’est officiel, c’est un meurtrier. 14 ans de réclusion criminelle. Il est désormais le matricule n°655321. Deux ans plus tard, le ministre de l’Intérieur propose aux détenus d’expérimenter la Technique Ludovico. Y voyant une possible remise de peine, Alex accepte. L’objectif de la thérapie ? Deux semaines pour éradiquer la délinquance. Le traitement ? L’aversion. En étant forcé de regarder certaines images, le volontaire associe la douleur du traitement reçu à ces images. Et donc à l’action. Par exemple : s’il voit une scène de sexe alors qu’il souffre, le patient sera psychologiquement chamboulé voire ne pourra plus reproduire l’acte après le traitement. L’efficacité du processus se voit lorsqu’il a, désormais, une aversion totale pour ce qu’il considérait comme un chef d’oeuvre : la 9e symphonie de Beethoven. L’intervention semble avoir marché : il est désormais incapable de se battre ou de voir une femme nue.

alex orange mecanique
Ironie du sort
Il croise tour à tour ceux qu’il avait tabassé et ceux sont eux qui, dorénavant, se jouent de lui. Il n’a plus d’appartement (il a été saisi). Plus aucun biens. Et plus d’amis. Il recroise mr Alexander, une ancienne victime. Ce dernier veut utiliser le cas d’Alex pour montrer que le gouvernement devient, avec des méthodes comme la technique Ludovico, totalitaire. mais en entendant le jeune homme chanter, il repense à son agression (l’homme chante pendant ses méfaits). En le droguant (avec l’aide des Droogies), il veut faire d‘une pierre deux coups : le faire parler de ce qu’il a vécu et le pousser au suicide. Il met donc la 9e symphonie de Beethoven. Alex se jette de la fenêtre, mais ne meurt pas. Au contraire, ça l’a guéri… Dans le mauvais sens : il n’a plus aucun souci avec la violence. Sa dernière phrase ?
« Oh oui, j’étais guéri pour de bon. »

POURQUOI LE REGARDER ? 

Un univers entier. C’est ce que propose Stanley Kubrick. Comme dans Shining, on est plongé dans le film. Impossible de s’en défaire. Mécaniquement -et c’est le mot-, on suit les aventures d’Alex et ses Droogies. Les mots choisis sont uniques, les décors originaux et complètement loufoques et les costumes, made in Milena Canonero, géniaux (La bande a un look bien à elle. Coquille, canne, chapeau melon et bottes de cuir.) L’appartenance groupale par le style vestimentaire. Un souci que l’on connaît, encore, en 2016. Et c’est pour ça que l’intrigue est très bien pensée : on s’identifie très bien aux problèmes que soulève le film. Entre autres, la délinquance juvénile. Des jeunes qui vont et viennent dans les rues pour semer la terreur, malheureusement, c’est un sujet d’actualité.

look orange mécanique

Puis Orange mécanique, c’est devenu un must-see. Un dinosaure dans le monde de l’avant-gardisme. Avec tous les aspects psychologiques qu’il soulève, cette originalité dans la dénonciation, on ne peut pas passer à côté. Si vous êtes un contestataire du gouvernement, un mordu de rébellion, vous devez absolument voir Orange mécanique. Une question se pose, presque un sujet au bac de philosophie :

Comment pourrions-nous venir à bout de la délinquance ? Serait-ce compatible avec les lois de notre pays ?

clockwork orange

NOTE FINALE : 7/10. Parfois, quelques scènes sont un petit peu longues.

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