Plus de 37 après sa sortie en salle, Alien reste un classique majeur du cinéma d’horreur et de science-fiction.

Fiche :

° Réalisateur : Ridley Scott

° Acteurs : Sigourney Weaver, Tom Skerritt, Veronica Cartwright, Harry Dean Stanton, John Hurt, Ian Holm, Yaphet Kotto.

° Année : 1979

° Titre original : Alien

° Inspiration : tirée d’une histoire de Dan O’Bannon et Ronald Shusett

Synopsis :

Année 2122. Plusieurs membres de l’équipage du Nostromo, navire spatial commercial, se réveillent après plusieurs années d’hibernation. Sur le chemin du retour, les passagers pensent se retrouver à proximité de leur destination finale : la Terre. En réalité, le vaisseau s’est arrêté en cours de route sur une autre planète inconnue…

Pourquoi le regarder :

Originellement en partenariat avec Ronald Shusett, Dan O’Bannon, co-écrivain du scénario d’Alien, recherchait un metteur en scène qui pourrait prendre le sujet au sérieux. Pas question d’une banale histoire de monstre, mais une ambition de créer une oeuvre artistique et esthétique. Un reflet habilement dessiné par l’artiste H. R. Giger. Ce sera donc Ridley Scott qui acceptera la réalisation d’Alien, le huitième passager.

Son design

Le premier élément d’une longue liste, c’est bien évidemment l’apparence de l’Alien. H. R. Gigger réussit le pari d’allier une silhouette horrifique, angoissante et à la fois attractive. La créature et son  univers témoignent d’une esthétique sombre, fascinante et fantasmagorique. La forme de son crâne, jusqu’à cette deuxième mâchoire qui jaillit à l’intérieur de sa bouche, subjugue autant qu’elle effraie le spectateur. Et on ne se le cache pas, son allure phallique contribue, aussi, au succès de la créature, et des multitudes connotations sexuelles dont regorgent le film. Cette mâchoire qui transperce ses victimes nous conduit à ce genre d’interprétations. D’autant plus lors des scènes où Sigourney Weaver apparaît en sous-vêtements pendant que le monstre reste tapi dans l’ombre, ouvrant et refermant sa mâchoire.  Ces scènes sont chargées d’une tension sexuelle, renforcée par les rauques de l’Alien.

6a0147e22813aa970b01a73dcd8e7e970d

concept art avorté de Giger

D’ailleurs, H. R. Giger avait prévu de créer un alien mâle, avec l’appareil génital d’un mâle. Ridley avait donc en tête une scène de viol où l’Alien aurait surgit derrière Lambert -Veronica Cartwright- avant de la massacrer. Scène qui finalement, a été retirée. 

 

La réalisation

La manière de filmer sous les différents angles et plan visuels contribuent à rendre un cachet artistique incontournable à l’oeuvre. Signée Derek Vanlint, les studios ont pris le parti de ne pas montrer la créatures face caméra. Mais de la suggérer, de la cacher avec des plans furtifs. Bon après, on vous l’accorde le comédien qui portait le costume avait difficilement du mal à bouger et à faire des mouvement fluides. C’est en partie pourquoi il le montre le moins souvent. Mais Ridley Scott réussit à rendre ses absences devant la caméra angoissantes pour le spectateurs. En plus des styles artistiques empruntés à Jacques Tourneur, sur l’évolution de l’ombre et de la lumière comme vecteur primordial de l’angoisse. Ou son propre style qu’il avait insufflé à son premier long-métrage, les Duellistes, Alien bénéficie d’une qualité bande son exceptionnelle. Rien que la scène de générique avec l’apparition des caractères nous plonge dans la tension du film.

6tzve0ovprdz4ifsud8inyj2aan

L’atterrissage sur la planète inconnue…

La BO, joliment signé par Jerry Goldsmith distille habillement les sensations d’oppression et d’angoisse.  Malheureusement -ou heureusement-  les deux compères ne sont pas entendus sur le tournage. Ridley Scott n’a donc emprunté qu’une infime partie de la BO de Goldsmith. Autant dire que s’il était allé jusqu’au bout, on ne serait jamais sorti vivant du film. Néanmoins, Ridley Scott avait l’art et la manière de s’entourer de personnes de talents, qui ont toutes contribué à apporter leurs points forts à la réalisation d’un film. Qui est devenu aujourd’hui une référence.

 

Le scénario :

Indéniablement, un bon film repose sur un bon scénario. Dan O’Bannon, qui a eu l’idée du script durant le tournage de Dark Star, de John Carpenter, s’est entouré de Ronald Shusset, avec qui il écrira plus tard Total Recall -une nouvelle de Philipe K. Dick-, puis de Chris Foss et bien évidemment de H. G Giger. Tous les deux rencontrés sur le projet avorté de Dune.

Le casting :

e2aqxz7u

Détentrice du girl-power à l’écran, la force du film repose aussi -et surtout– grâce à son premier rôle : Sigourney Weaver, qui signera pour toutes les autres suites d’Alien -et qui sait peut-être le 5 –. Femme féminine et à la fois forte, courage et autoritaire, Ripley se dévoile en véritable guerrière au fur et à mesure du film.  À ses côtés, on retrouve John Hurt -Elephant Man, la porte du paradis etc- qui aura subi l’accouchement le plus douloureux de l’histoire du cinéma. Mais aussi Veronica Cartwright, apparu dans le chef d’oeuvre de L’étoffe des héros.

 

Note Final : 9/10. alien-1979-36-gTour à tour, Ridley Scott a signé trois oeuvres majeures. Grâce à un précieux héritage, Alien, le huitième passager est devenue une pièce majeure du cinéma d’horreur, et s’affirme comme l’un des films les plus aboutit de son réalisateur.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.